Source / auteur : Comité anti-olympique d’Annecy
mis en ligne mercredi 18 mars 2009 par jesusparis
Les soussignés, conscients qu’une candidature aux JO d’hiver est déraisonnable et constitue non seulement un effroyable gaspillage mais aussi et surtout une atteinte grave et durable à l’environnement, demandent le retrait pur et simple des candidatures d’Annecy et Grenoble pour 2018.
Ce projet, totalement disproportionné avec les besoins et les aspirations des habitants (non concertés), ne répond en fait qu’à la mégalomanie de quelques élus avides de prestige et soucieux de laisser leur trace dans l’histoire. Ce projet politique est d’abord motivé par des intérêts financiers et le sport n’est qu’un alibi.
1968 – Grenoble : Endettée jusqu’en 1995. Impôts locaux multipliés par 2,4
1976 - Montréal : Endettée jusqu’en 2006
1992 – Albertville : Déficit de 4,73 millions d’€, Brides les Bains 9,15 Millions d’€ (coût total JO 115 millions d’€)
2010 – Vancouver : Déficit (déjà avoué dès 2008) de 47 millions d’€
2012 - Londres : Le dépassement du budget est tel que les anglais regrettent déjà…
Les mots « Ecologie » et « Développement durable » sont utilisés à tort et à travers n’importe comment par n’importe qui. « On » nous promet des jeux « écolos » avec un bilan « carbone zéro » ! Qui peut l’affirmer sans rougir ? Qui le croira sans douter ? En attendant, l’environnement sera bouleversé de façon irréversible, des villes historiques défigurées, sans parler d’une gestion des déchets totalement escamotée puisque ce problème n’est déjà pas résolu en temps normal… La neige artificielle (inévitable) aura-t-elle le label vert de circonstance ?
Les JO impliquent des infrastructures (onéreuses) exceptionnelles dont l’usage ultérieur est incertain ou nul. Qui utilisera ensuite la piste de Bobsleigh ? Les tremplins ? Que coûteront les installations pour les cérémonies d’ouverture et de clôture ? Notre région a-t-elle besoin de patinoires ou de pistes de vitesse olympiques ? Et l’hôtellerie ? Le CIO exige de la ville hôte 22800 chambres en hôtels 3 à 5 étoiles. Annecy en compte à ce jour 4100 ! Grenoble moins de 4000. A qui servira cette hôtellerie bâtie à la hâte pour un événement unique ?
Des décisions arbitraires. Sous le prétexte de faire face à l’événement, « on » nous fera avaler des projets hautement contestables comme l’A 41 (réalisé par anticipation), le tunnel sous le Semnoz, un tunnel sous la Bastille, un autre sous le Vercors, etc.. dont l’objectif (inavoué) est de créer à terme le « sillon alpin » c’est à dire un axe urbanisé en continu de 220 km entre Genève et Valence. Annecy n’est pas Los Angelès ! Nous refusons cet urbanisme et le « tout auto » qui réduit les transports en commun (dont le rail) à la portion congrue !
Un essor économique ? Pendant 15 jours, les regards du monde seront braqués sur Annecy ou Grenoble. Et après ? Ce n’est pas ce spectacle inspiré par la folie des grandeurs qui fera revenir dans nos vallées une industrie en voie de délocalisation (Salomon et bien d’autres…). Assez de poudre aux yeux ! Assez de mensonges !
Il en coûterait (chiffre optimiste) pour la seule pub 1,4 million d’€, d’ici à mars 2009 rien que pour poser une candidature et plus de 4 millions d’€ si l’une de nos villes était retenue pour seulement prétendre être candidate aux JO 2018. Et si par malheur nous étions retenus ce serait le début du creusement d’un gouffre financier… N’y a-t-il vraiment rien de mieux à faire avec l’argent des contribuables ?