Source / auteur : Mailing Réseau "sortir du nucléaire"*
mis en ligne jeudi 26 novembre 2009 par jesusparis
Pour le Réseau "Sortir du nucléaire", la visite de M Fillon (Premier ministre), Mme Lagarde (Ministre de l’économie), M Proglio (PDG d’EDF) et Mme Lauvergeon (PDG d’Areva) sur le chantier en déroute du réacteur EPR de Flamanville ressemble à un véritable cortège funèbre pour l’industrie nucléaire française en pleine déconfiture et dont l’avenir est assurément compromis.
Les désastres industriels et financiers des deux chantiers EPR - en Finlande (Areva) et à Flamanville (EDF) ne vont pas seulement coûter fort cher aux entreprises du nucléaire français : ils ont d’ores et déjà dissuadé la quasi-totalité des acheteurs potentiels de réacteurs nucléaires. Tant mieux : c’est l’occasion de se tourner vers les énergies renouvelables et d’abandonner l’archaïque filière nucléaire.
La carrière commerciale de l’EPR est donc déjà terminée, d’autant que la "sûreté" de ce réacteur est mise en cause par trois autorités de sûreté, mais aussi par "Sortir du nucléaire" qui a montré que l’EPR n’est pas conçu pour résister à un crash d’avion de ligne.
L’EPR n’obtiendra sûrement pas l’autorisation de mise en chantier en Grande-Bretagne et aux USA (le verdict est attendu pour février 2012). Or, c’est pour faire des EPR dans ces deux pays qu’EDF a dépensé 20 milliards d’euros et qu’Areva construit une usine qui s’avère donc inutile.
Les déconvenues des chantiers EPR, les investissements ruineux et inutiles, et diverses autres erreurs de gestion font qu’EDF et Areva sont lourdement endettés. Or, l’absence totale de perspectives industrielles pour le nucléaire, en France et à l’étranger, obère tout espoir de redressement pour ces entreprises. D’ailleurs, en quelques mois, les cotations respective d’EDF et d’Areva sont passées de 82 à 37 euros et de 820 à 360 euros : plus de 55% de chute !
Même si l’actualité récente a montré qu’EDF tentait de se débarrasser en Sibérie de certains déchets radioactifs, il apparaît que, en 50 ans, l’industrie nucléaire française (mais aussi mondiale) n’a pas trouvé de solution pour ces déchets. En France, les populations de l’Aube ont dernièrement mis en échec les manoeuvres des autorités pour imposer des sites d’enfouissement des déchets radioactifs.
Alors que le taux de disponibilité des réacteurs dépasse 90% dans certains pays, il est à 78% (et en diminution continue) en France. Les réacteurs français sont dans un état avancé de délabrement (du fait du fonctionnement "en suivi de réseau") et cette dégradation est irréversible.
Du coup, la "France nucléaire" est obligée d’importer massivement de l’électricité tous les hivers et de prier pour que les températures restent douces. Un comble pour le "royaume de l’atome" dont les chauffages électriques sont alimentés... par des centrales au charbon étrangères. Ce système absurde est donc coupable de la production de déchets radioactifs ET de fortes émissions de CO2.
Les jeunes diplômés préfèrent des secteurs plus porteurs et, surtout, plus écologiques : ils ne veulent pas être responsables des contaminations et des déchets radioactifs. Cette seule donnée suffit d’ailleurs à compromettre définitivement l’avenir de l’industrie nucléaire.
L’industrie nucléaire française est donc dans une situation inextricable et, sur l’ensemble de la planète, la majorité des projets de nouveau réacteurs sont annulés car trop chers. Ce n’est donc pas le lugubre défilé de MM Fillon et Proglio et de MMes Lagarde et Lauvergeon à Flamanville, sur le chantier EPR en perdition de Flamanville, qui pourra redresser la situation. Il est grand temps de décider de sortir du nucléaire, et de lancer des plans ambitieux d’économies d’énergie et de développement des énergies renouvelables.